Isaac Asimov fait parti des PPO dans mon imaginaire de lecteur, cad des Points de Passage Obligé. S’intéresser de près ou de loin à la SF, sans avoir lu ce genre de bonhomme, c’est un peu comme apprécier la bière, sans savoir que la Belgique existe ; en un mot, c’est un non-sens.
Premier point : Asimov n’est pas né d’hier. Pour ceux qui l’ignoreraient, je vous renvoie à sa biographie wikipédiesque, qui, avec un peu de chance, n’a pas été pourrie par un professeur du second degré.
là : http://fr.wikipedia.org/wiki/Isaac_Asimov
Ensuite, ce livre n’est pas un livre : c’est un recueil de nouvelles qui se suivent, se déroulant toutes à peu près dans le même monde, le notre, mais pas forcément à la même époque, et ne décrivant pas le même futur.
Enfin, au début, l’auteur a pris soin de rédiger une sorte d’introduction dans laquelle il nous explique sa passion pour les sciences, et il s’excuse par avance de ne pas avoir pu modifier ces nouvelles en fonction des découvertes scientifiques, rendant certaines, pour le coup, fantaisistes. Comme il est mort, on comprend bien qu’il ne les modifie plus. Mais lorsqu’il était vivant, ce soucis d’être vraisemblable, et si près des sciences, est à la fois source de respect et d’inquiétude (pourquoi est-ce aussi important pour vous monsieur Asimov ? PARCE QUEEEEEEE !).
Résumé : « Bienvenue dans le futur, ou plutôt dans une multitude de futurs ! Où un savant découvre un jour l’anti-gravité, où un autre pose au plus puissant des ordinateurs une question sans réponse, où un extraterrestre vient révéler à l’humanité une vérité qu’elle n’est pas prête à entendre… Autant d’événements susceptibles de bouleverser l’évolution de notre civilisation humaine, autant de possibilités de voir des intelligences artificielles ou extraterrestres créer un avenir différent… Car rien n’est fixé d’avance ; l’homme, dit-on, est maître de sa destinée. Mais peut-être sommes-nous au contraire les jouets de forces qui nous dépassent, nous voient comme sujets d’expérience, ou, pire encore, ne se soucient pas de nous… «
Pour une fois, c’est brouillon et un poil confus. C’est que c’est compliqué de résumer un recueil, aussi, je ne m’y risquerai pas. Je m’attarderai sur ce que j’ai retiré de cet amas.
1. Du style :
Ce papi sait comment écrire : pas de fioriture, pas de phrase qui dépasse, vous attaquez la première ligne et zou, vous embrayez sans vous en rendre compte. Comme disent mes amis motards, vous le lisez comme sur un rail… de sécurité.
2. Du rythme :
Ce style est au service du rythme de ces histoires : il sait ralentir pour augmenter la tension, passer vite sur des moments plus anecdotiques, il sait aussi nous surprendre avec des rebondissements intéressants. Tout ça est très maitrisé. Mais ça ne serait rien sans un contenu vraiment riche :
3. Du contenu :
Il arrive à insuffler dans ces textes de la curiosité, des connaissances, de la réflexion, tant et si bien qu’on a l’impression de tout comprendre, et d’en sortir plus intelligent. Et ça, de nos jours, c’est rare (dans la bit-litt vampiresque, il est plutôt question de « je te suce », « je te suce pas »).
4. Quant aux nouvelles maintenant :
Elles vont de l’incroyable révolution des voitures, vraiment bien pensé, à la ludique « les extra-terrestres nous testent avec des blagues », à des histoires moins passionnantes, comme l’enfant néandertalien, voire juste bizarre (la fameuse où l’on pose une question impossible à l’ordinateur). Après, c’est plus une question de goût.
On en ressort changé quand même.
Faut-il le lire ?
A tout le monde je crierai une formidable OUI !
Pour les auteurs, attachés vous à voir combien il ne met en avant que les éléments indispensables et combien il arrive à introduire ces connaissances, sans nous lobotomiser.
Pour les lecteurs, contentez-vous de savourez.
Après une telle lecture, je suis certain de retenter cet auteur pour des œuvres plus massives (allez, un cycle !).








